Mélancolie

Mélancolie

Acrylique sur carton, 86 x 68 cm

   Le bassin avait été vidé. J’étais plutôt mal à l’aise. Si tu es vulnérable, la culpabilité te transperce. J’étais dans la souffrance morale. Du ciel humide et froid venait une lumière glacée qui semblait descendre des pôles. Aucun oiseau ne volait dans le ciel. J’avais fait quelques pas en direction du bassin mais je restais loin du bord. Chaque souvenir qui a vu le bonheur s’envoler crée cette souffrance qui épuise toutes les joies. Je me bouchais les oreilles pour ne plus rien entendre. L’étonnante histoire avait commencé dans la jubilation d’un été mais je ne pouvais plus supporter ce chant d’oiseau qui semblait venir du fond du bassin. Comme il était triste ce chant. Avec le réveil des souvenirs, j’étais saisi d’angoisse. Les oiseaux qui vont trop loin et se détournent de la terre, retrouvent le chemin qui les aide à mourir. Je me suis éloigné de la piscine. Ce n’était plus un chant mais un gémissement ou peut-être des sanglots qui avaient cessés. J’ai marché longtemps en suivant une rivière puis j’ai traversé une prairie. Je marchais sur de l’herbe gelée. Mes mouvements étaient étranges. Je me suis détaché du sol et au bout d’un moment je planais. D’abord doucement puis jusqu’au dessus des nuages. C’est moi qui volait là-haut mais malgré le profond silence, le chant de l’oiseau me tourmentait encore. On ne peut pas réellement s’élever au dessus du malheur. Et puis la force m’a manqué…