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Le poète peut mourir
Encre, feutre, crayons de couleur sur papier, 24 x 18 cm
Mon ami, tu es poète, tu trébuches et tu pleures de joie dans une nature chargée des odeurs intimes de l’automne, tu frémis sous les arbres qui agitent leurs grandes touffes colorées, tu frottes ton corps contre toutes sortes d’arbustes avec une ardeur singulière puis tu vas laver ta culotte dans le lit profond d’une rivière, tu observes les poissons qui se pourchassent et se caressent dans des pétillements de lumière mais ton cœur, ta poitrine et tes viscères vont fondre comme du sucre dans la grande crue du cours d’eau, tu meurs dans l’oubli sans rien pour te consoler, ma gaieté me quitte et mes larmes pourraient remplir tout un ruisseau.
